
Par Felly MPONGO,
Spécialiste en communication politique et stratégique des organisations
L’analyse de la scène politique congolaise permet de comprendre pourquoi l’opposition réunie au sein de C64 et de la plateforme « Sauvons la RDC » éprouve des difficultés à mobiliser une majorité de Congolais contre le régime en place.
Tout d’abord, il convient de rappeler que le Président Félix Tshisekedi et une grande partie des acteurs qui composent aujourd’hui l’Union sacrée de la Nation ont, à une époque, combattu le régime de Joseph Kabila aux côtés de plusieurs personnalités qui se retrouvent actuellement dans l’opposition. Certains d’entre eux ont même participé aux grands changements politiques intervenus après 2018, notamment à la destitution de Jeannine Mabunda de la présidence de l’Assemblée nationale.
Sous le leadership d’Étienne Tshisekedi, l’opposition bénéficiait d’un large soutien populaire, car une grande partie de la population aspirait à un changement de régime. Le « Sphinx de Limete » incarnait alors cette volonté de rupture et parvenait à mobiliser les foules.
En 2018, la coalition Lamuka s’était donnée pour objectif de porter l’un de ses candidats à la magistrature suprême afin d’empêcher la continuité du régime précédent. Après l’élection de Félix Tshisekedi, les recompositions politiques se sont accélérées. La rupture entre le FCC et le CACH, puis le ralliement de plusieurs figures politiques, notamment Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba, Matungulu et d’autres, à l’Union sacrée, ont profondément modifié le paysage politique national.
Malgré le départ ultérieur de certains alliés, l’Union sacrée est parvenue à conserver une majorité politique et a remporté les élections de 2023. Pour ses partisans, ce résultat traduit la confiance renouvelée d’une partie importante de la population envers le Chef de l’État.
Sur le plan sécuritaire, l’agression dans l’Est du pays a conduit le Président Félix Tshisekedi à privilégier une offensive diplomatique soutenue.
Sa rencontre avec Martin Fayulu, autrefois son principal adversaire politique, a été perçue par certains comme un acte de responsabilité nationale face à une menace commune.
Par ailleurs, le renforcement de la coopération entre la RDC et les États-Unis, ainsi que les sanctions internationales visant certains groupes armés et leurs soutiens, sont interprétés par les partisans du pouvoir comme des avancées diplomatiques en faveur de la souveraineté nationale.
Dans ce contexte, il apparaît difficile, selon cette lecture politique, pour C64 et « Sauvons la RDC » de susciter une mobilisation populaire de grande ampleur contre le régime actuel. Une partie de l’opinion estime que les principaux défis du pays demeurent la restauration de la paix, la défense de l’intégrité territoriale et le développement économique, objectifs qu’elle considère comme prioritaires.
En définitive, la capacité de l’opposition à convaincre dépendra de sa faculté à proposer une alternative crédible, un projet de société rassembleur et des solutions concrètes aux préoccupations quotidiennes des Congolais.
Felly MPONGO
Spécialiste en communication politique et stratégique des organisations





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